Qu’est-ce que je fais là?

Aujourd’hui, j’avais envie de poser des réflexions en vrac, de les jeter comme ça dans les méandres de l’internet et faites en ce que vous voulez. Moi, je ne sais pas quoi faire de ces questions. Elles sont là, elles tournent, elles m’emmerdent. J’ai beau les retourner dans tous les sens possibles et inimaginables, elles ne me quittent pas.

Peut être qu’en les posant ici je pourrais les abandonner pour de bon. Ou pas. Peut-être qu’elles feront échos à d’autres. Ou pas. Peut-être même oserais-je espérer obtenir des réponses. Ou pas.

Le travail de clinicienne ne me quitte jamais. Je ne peux pas dire à mon cerveau (encore moins à mon inconscient) “oh dis donc ça va bien, on est rentré à la maison tu peux la mettre en veilleuse avec les patients oui?”. Non, ça ne marche pas comme ça. De fait, je cogite, je réfléchis, j’élabore (du moins je crois). Je remets tout en question, tout à plat des dizaines et des dizaines de fois pour trouver quelque chose. Mais quoi?

Du sens. Du sens dans ce que je fais, ce que je produis (au sens des effets psychiques pas au sens capitaliste).

Je suis psychologue. Psychologue clinicienne. Psychologue clinicienne d’orientation analytique. C’est avec ces signifiants que je me définis au travail. Mais quel sens j’y mets dedans et quel sens y mettent les patient·es, les équipes?

A QUOI JE SERS?

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Je suis toujours pétrie dans un syndrome de l’imposteur pas si imposteur. Je me sens comme une fraude car parfois (souvent), je n’ai pas de réponses à donner aux patient·es. Pas de solution, rien qui ne pourra changer leur situation. Je me dis à quoi bon alors? Iels pourraient tout à fait parler à leur pote que ça serait pareil.

Pas si fraude non plus car on n’est pas supposé être du côté du “savoir” ou du “faire”. Ce n’est pas nous qui savons, c’est lae patient·e. S’il y a une demande pour venir nous voir, c’est bien qu’on nous suppose un savoir (ça fait très mystique tout ça, non?).

Sauf que je ne sais rien. Enfin, je ne sais rien d’elleux en tout cas. J’ai cependant une boîte à outils remplie de concepts et de jolies théories qui m’aide à mettre du sens dans tout ça.

Puis je me rappelle que mon rôle n’est pas du “faire” mais de l’écoute. En finissant l’entretien, beaucoup me remercient pour ce moment où iels n’ont pas été jugé·es mais simplement entendu·es, écouté·es. Là où je repars avec de la frustration (qui est uniquement la mienne), elleux se sentent soulagé·es d’avoir pu déposer quelque chose, un petit bout de leur histoire.

Finalement, je sers donc bien à quelque chose, il y a des effets. En prêtant mon écoute et un espace sécurisant et bienveillant pour y déposer ce qu’on y veut, il se passe des choses.

Je sers donc.

C’est déjà un début de réponse, un petit bout pour prendre cette pelote de questionnements et détricoter tout ce qui continue de tourbillonner dans ma petite tête.

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